| Sondage |
|---|
| Le Mot de l'Editeur |
|
Le « modèle marocain » se distingue en effet par une mutation tout à la fois profonde, rapide, sans précédent et sans commune mesure, tant à l'échelle du monde musulman, qu'a celui du continent africain, ou encore de cette Nation arabe qui vit encore ses perpétuelles conditions d'éparpillement, de détresse et de déchirements. Tout au long des cinq dernières années, les observateurs et analystes politiques, en particulier dans le monde occidental, n'ont cessé de louer et de saluer les initiatives et les actes à la fois courageux et audacieux réalisés sous l'impulsion du jeune Souverain.Une action soutenue et inlassable sur la voie de l'édification d'un Etat authentiquement moderne et démocratique, imprégné des valeurs de justice, de démocratie et de transparence et fondé sur les principes universels de tolérance, de dialogue et de respect scrupuleux des Droits de l'Homme. Héritier d'une dynastie Alaouite glorieuse qui règne sur le Maroc depuis prés de quatre siècles (1634 ) et petit-fils du Roi Mohammed V, père de la Nation marocaine et son libérateur du joug du colonialisme, le Roi Mohammed VI s'est appliqué dés les premiers jours de son intronisation à mener son peuple vers le destin démocratique et tolérant qu'il s'était assigné, rompant définitivement avec l'ère des turbulences que le Royaume Chérifien a connue depuis son indépendance, en 1956, après le retour d'exil de Feu Mohammed V. Il marque le terme d'une période agitée marquée notamment par le déclenchement du mouvement de résistance nationale qui avait suivi l'exil du Roi, le 20 août 1953 vers l'île de Madagascar. Il rompt aussi avec les années difficiles pour l'édification de l'Etat indépendant, la période des vicissitudes et les affrontements des premières années de règne du Roi Hassan II, et enfin, avec l'époque du tout sécuritaire sous le puissant Ministre de l'Intérieur Driss Basri. Le Roi Mohammed VI s'est efforcé d'emblée à aller dans le sens des attentes de son peuple et de son aspiration à une ère de démocratie et de transparence. Le Maroc a connu durant 38 années de règne du Roi Hassan II, une période particulièrement agitée, entre 1963 et 1973, marquée notamment par une confrontation ouverte entre le pouvoir Royal et certaines composantes de la gauche nationaliste, progressiste et marxiste. Le jeune Roi Mohammed VI, héritant de la responsabilité du pays dans un contexte politique tout à fait différent, s'est appliqué, dés le lendemain de son accession au trône, à promouvoir une vie politique nouvelle, marquée par des conquêtes successives de la société marocaine à tous les niveaux et dans tous les aspects de la vie politique, sociale et économique de son pays. On se limitera ici aux dix principales initiatives Royales les plus significatives qui ont marqué les cinq premières années de règne du Roi Mohammed VI. 1- La transparence qui a marqué les deux premières expériences électorales parlementaires et communales de son règne. 2- L'abaissement de l'âge de vote à 18 ans permettant ainsi une plus grande implication des jeunes dans la vie politique du pays. 3- La Promulgation du Code de la famille, événement socio-politique majeur à travers l'ensemble du monde arabo-musulman qui marque une reconnaissance sans détour des droits des Femmes et des enfants et assure la stabilité de la famille. 4- Le renforcement substantiel des prérogatives du Conseil Consultatif des Droits de l'Homme ( CCDH ) par l'émergence d'une nouvelle instance chargée d'apurer l'ensemble des dossiers se rapportant aux violations des Droits de l'Homme qui avaient sévi dans le pays durant les « années de plomb » dans un esprit de réconciliation nationale et d'équité et sans recours aux tribunaux. 5- L'Amnistie Royale prononcée à l'égard des détenus politiques et la levée des mesures d'assignation à résidence qui avaient touché jusqu'en 1999 de nombreuses personnalités considérées parmi les anciens et actuels opposants tels l'ancien activiste marxiste Abraham Serfati et le Cheikh islamiste Abdessalam Yassine leader du Mouvement Al Adl Wa Al Ihsane. 6- Les réformes successives du système judiciaire et son adaptation progressive à la nouvelle donne démocratique, économique et sociale du pays. Ses aspects les plus frappants sont, l'amélioration continue de la condition pénitentiaire et l'annulation de la Cour Spéciale de Justice (CSJ) Parallèlement à ces réformes judiciaires plusieurs dossiers brûlants ont été présentés devant la justice marocaine touchant plusieurs dignitaires de l'Etat, directeurs et chefs de grandes entreprises publiques pour détournement de deniers publics et abus de biens sociaux, confortant ainsi le principe de l'égalité de tous les citoyens marocains devant la justice. 7- Le départ en l'an 2000 de l'ancien ministre de l'Intérieur Driss Basri et l'initiation par le Souverain d'un nouveau concept de l ‘autorité fondé sur le respect de la dignité des citoyens, l'amélioration des conditions de détention et de garde à vue, favorisant la réconciliation des citoyens avec l'autorité. 8- L'instauration de l'instance Diwan Al Madhalim chargée en particulier de statuer sur les cas et les injustices non élucidées. 9- La profonde réforme du paysage médiatique national notamment par la réforme et la libéralisation du secteur de la presse et de l'audiovisuel ainsi que par l'installation, pour la première fois dans l'histoire du pays, d'un Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA.) 10- Enfin, il y a lieu de citer la réhabilitation de l'Amazighité en tant que source incontournable du patrimoine culturel marocain et une nouvelle démarche politique pour le règlement de la question du Sahara occidental marocain, fondée sur la transparence et la gestion du territoire saharien dans les mêmes conditions de transparence et de démocratie régnant dans le reste du Royaume... Dans la foulée de ces réformes politiques et sociales en profondeur initiées par le jeune Roi, l'échiquier politique marocain aura été totalement transformé. Le principal effet de cette métamorphose aura été indéniablement l'avènement d'une nouvelle ère dont nous retiendrons les trois faits majeurs : 1-L'irruption d'une société civile active et entreprenante animée notamment par les ONG et touchant pratiquement tous les aspects de la vie politique, sociale, économique et culturelle. 2- La banalisation du droit de grève, du droit de manifester ou de tenir des sit-in dans un pays qui semble avoir retrouvé une nouvelle vivacité politique, sociale et associative digne des pays les mieux avancés. 3- Enfin la participation de plus en plus grande des citoyens aux différentes consultations électorales ainsi qu'à la gestion directe de leurs affaires via les conseils municipaux, communaux et les conseils de villes. Dans cette optique, les ONG, le mouvement associatif et les différentes composantes de la société civile auront joué un rôle clef et de plus en plus actif par leur présence sur le terrain et leurs actions entreprenantes. Autant d'acquis et d'avancées, de réalisations et de conquêtes qui placent désormais le Maroc du Roi Mohammed VI parmi les démocraties les plus prometteuses à l'échelle du monde arabo- africain et des pays en développement en général. Une nouvelle dimension qui vaut aujourd'hui au Royaume du Maroc respect et admiration à l'échelle du monde entier et qui ne fait que consolider chaque jour davantage les structures d'un pays qui semble définitivement réconcilié avec lui-même. C'est ce Maroc en mutation, ce « Maroc politique » engagé dans l'ère de l'après alternance que ce guide se propose de vous présenter. Elaboré au terme d'un travail long et laborieux, étalé sur plus d'une année de recherche, de documentation et de précision particulièrement ardue, le « Guide du Maroc Politique » se veut tout à la fois un instrument de travail et un livre de chevet à même de vous fournir tous les renseignements et indications nécessaires sur le monde politique au Maroc, ses composantes et ses acteurs. Nous nous sommes ainsi efforcés de vous présenter le guide le plus complet et le plus actuel possible du Maroc Politique sous ses multiples aspects et réalités présentes et passées. C'est un instrument de travail où vous trouverez rassemblées, toutes les données, fiches techniques et biographies à même de vous permettre de suivre, et de disposer de tous les renseignements nécessaires se rapportant notamment aux domaines suivants : 1- L'histoire du pouvoir au Maroc 2- Le gouvernement marocain dirigé depuis le 7 novembre 2002 par Driss Jettou, ses 39 membres ainsi que la chronologie des titulaires de chaque poste ministériel de l'indépendance à aujourd'hui. 3- Le parlement marocain, sa présidence, ses commissions, ainsi que les partis politiques et les syndicats qui y sont représentés. 4- Les partis politiques marocains, les syndicats, les organes consultatifs et juridictionnels marocains majeurs et les Hauts Commissariats. 5- La presse politique marocaine dans ses différentes composantes, écrite, et audiovisuelle, partisane et indépendante. 6- Et enfin les Wilayas, les Walis et les Gouverneurs englobant l'ensemble des préfectures et provinces du Royaume, en attendant la publication d'un deuxième tome de ce « Maroc Politique » que nous consacrerons exclusivement aux communes et collectivités locales. Chakib HAMMOUCH |

Depuis l'intronisation, le 30 juillet 1999, du jeune Roi Mohammed VI, la vie politique marocaine a profondement changé. D'une démocratie sous « haute surveillance » initiée tout au long du règne de son père, feu le Roi Hassan II, le Maroc vit aujourd'hui dans une démocratie en marche, dont les effets immédiats directs auront été agréablement accueillis au niveau intérieur et suscitent de grands espoirs de par le monde.